Qu’est ce qu’une tendinite du coude ?
Il s’agit d’une lésion chronique des tendons des faces latérales (épicondylites) ou médiales (épitrochléites) du coude. Elles sont déclenchées par des mouvements répétitifs sportifs (tennis elbow) ou professionnels.
Fig. 1
Quelles sont les manifestations cliniques ?
Une sensation de brûlure, de douleur profonde lancinante, augmentée par l’effort et en milieu de nuit. Parfois l’on peut observer des paresthésies (fourmis) sur le dos de la main, correspondant à une irritation du nerf radial.
Quels sont les examens complémentaires utiles ?
- La radiographie recherche des calcifications tendineuses, des lésions d’arthrose du coude.
- L’échographie permet de diagnostiquer la tendinite, de rechercher la présence de fissures intra tendineuses
- L’IRM recherche une inflammation ou une fissure des tendons et recherche également des pathologies intra articulaires du coude comme une plica huméro-radiale (Figure 2).
- L’EMG en cas de paresthésie de la main à la recherche d’une compression du nerf radial ou du nerf ulnaire.

Fig. 2
Comment se traite une tendinite du coude ?
La très grande majorité des tendinites du coude guérissent spontanément sur une période de 18 à 36 mois.
Le traitement de première intention est toujours médical et adapté à la phase d’évolution de la tendinite.
- À la phase aiguë : Repos, anti-inflammatoire 10 jours, attelle de poignet en légère extension seront proposés.
- À la phase chronique : il faut faire cicatriser le tendon avec de la kiné (ondes de choc et travail excentrique), de l’auto rééducation, éviter les gestes répétitifs sans pour autant immobiliser le coude, arrêter le tabac et adapter son poste de travail.
En cas d’échec on pourra injecter du PRP (plasma riche en plaquettes)
Les infiltrations de corticoïdes sont à éviter car elles apportent un soulagement rapide mais il existe un effet rebond ensuite avec des douleurs plus intenses.
Le traitement chirurgical est réservé aux formes résistantes malgré 6 mois de traitement médical bien conduit, uniquement chez les patients qui veulent guérir plus vite car la guérison des tendinites du coude est spontanée sur 18 à 36 mois.
Le but du traitement chirurgical est de désinsérer les tendons des muscles épitrochléens ou épicondyliens.
Cette désinsertion peut s’effectuer de 3 façons :
- A ciel ouvert, par une cicatrice de 5 cm centrée sur l’épicondyle médial ou latéral (Figure 3).
- Sous arthroscopie : les tendons sont désinsérés de l’intérieur à l’aide d’une caméra (Figure 4). Cette technique permet un geste mini-invasif et permet également de faire un bilan complet de l’articulation du coude.
- De façon percutanée sous contrôle échographique.

Fig. 3

Fig.4
Pansement, attelle et immobilisation
Le port d’un pansement ou d’une immobilisation (attelle, plâtre, résine) contre-indique la pratique du sport et la conduite automobile. Ils ne doivent pas être mouillés, y compris pendant la toilette. Une attelle doit être portée de manière stricte, en permanence, jour et nuit. Elle ne peut être retirée qu’en présence de personnel soignant ou après autorisation de votre chirurgien. Vous devez bouger précocement, après l’opération, toutes les parties de la main et du membre supérieur qui ne sont pas immobilisées.
Risques de toute intervention
Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques (liés à l’anesthésie, infectieux, hémorragiques, lésions nerveuses) y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle et peuvent parfois ne pas être guérissables. Au cours d’une intervention, le chirurgien peut se trouver face à une découverte ou à un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.
