Qu’est-ce qu’un doigt à ressaut ?
Les tendons des doigts sont plaqués contre les os par des poulies très ajustées. Une modification de volume du tendon entraine l’apparition d’une résistance lors de la mobilisation des doigts. Le plus souvent, il s’agit d’une inflammation chronique qui entraine un cercle vicieux : le frottement du tendon aggrave l’inflammation, ce qui épaissit le tendon et augmente le frottement. Il se créé alors un nodule qui, lorsque le doigt passe de la flexion à l’extension, entraine un accrochage que vous ou votre entourage peut percevoir.
L’affection peut toucher tous les doigts.


Comment diagnostiquer un doigt à ressaut ?
Le diagnostic est clinique. C’est vous-même qui décrivez le blocage ressenti à l’extension. Il se produit souvent au réveil. Un syndrome du canal carpien peut être associé. Une échographie peut être réalisée lorsque le tableau clinique n’est pas typique.


Déblocage du doigt lors du passage en extension
Comment traiter un doigt à ressaut ?
Traitement médical : dans plus de 80 % des cas, l’opération peut être évitée grâce à une infiltration de corticoïdes en regard du nodule, si celle-ci est réalisée au début de l’apparition des symptômes. L’effet des injections de corticoïdes est patient-dépendant et peu prévisible. Elles ont tendance à bien soulager les douleurs initialement, mais leur efficacité semble s’amoindrir avec le temps. Elles sont réalisables chez la plupart des patients. Les patients diabétiques devront surveiller leur glycémie dans les heures suivant l’injection car la cortisone peut provoquer une augmentation de celle-ci. Elles n’ont pas les effets indésirables de la cortisone prise en comprimés au long cours. On ne peut conclure à un échec de ce traitement médical qu’après un délai d’un mois. L’infiltration peut éventuellement être renouvelée.
Traitement chirurgical : il est proposé après échec du traitement médical. L’intervention est réalisée sous anesthésie loco-régionale (seul le bras est endormi), en ambulatoire (vous entrez et sortez de l’hôpital le même jour que votre intervention). Par une incision de quelques centimètres à la base du doigt concerné, la poulie est ouverte et le tendon est libéré.
Évolution habituelle
Vous devez mobiliser votre doigt immédiatement après l’intervention pour éviter l’enraidissement. On peut s’attendre à une disparition du blocage et des douleurs dans les 2 à 3 jours qui suivent l’intervention. La cicatrisation de la peau prend une quinzaine de jours.
Suivi post-opératoire
Vous serez revu(e) en consultation de contrôle à l’UMPP dans le mois qui suit l’intervention. La reprise du travail peut s’effectuer au bout de 15 jours mais dépendra de votre profession.
Risques et complications
Les complications liées à l’intervention d’un doigt à ressaut sont rares. Elles peuvent se manifester par :
- une infection nécessitant une reprise chirurgicale pour lavage du site opératoire et une antibiothérapie,
- des traumatismes des nerfs, se traduisant par une perte de sensibilité transitoire du doigt qui ne nécessite pas de traitement particulier mais une simple surveillance,
- raideur et algoneurodystrophie nécessitant la réalisation de kinésithérapie.
Pansement, attelle et immobilisation
Le port d’un pansement ou d’une immobilisation (attelle, plâtre, résine) contre-indique la pratique du sport et la conduite automobile. Ils ne doivent pas être mouillés, y compris pendant la toilette. Une attelle doit être portée de manière stricte, en permanence, jour et nuit. Elle ne peut être retirée qu’en présence de personnel soignant ou après autorisation de votre chirurgien. Vous devez bouger précocement, après l’opération, toutes les parties de la main et du membre supérieur qui ne sont pas immobilisées.
Risques de toute intervention
Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques (liés à l’anesthésie, infectieux, hémorragiques, lésions nerveuses) y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle et peuvent parfois ne pas être guérissables. Au cours d’une intervention, le chirurgien peut se trouver face à une découverte ou à un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.
