Qu’est-ce que la maladie de Dupuytren ?
La maladie de Dupuytren est une rétraction du tissu sous-cutané de la main appelé l’aponévrose palmaire superficielle. Celle-ci a pour rôle de protéger les structures nobles de la face palmaire de la main : nerfs, artères et tendons fléchisseurs des doigts. La face dorsale de la main et des doigts n’est pas atteinte.
La maladie touche principalement les 4e et 5e doigts, plus rarement les autres.

Qui est atteint par la maladie de Dupuytren ?
Elle touche principalement les hommes blancs à partir de 40 ans.
L’hérédité est la cause la plus fréquente. D’autres causes peuvent être retrouvées : l’épilepsie, le tabagisme, le diabète, l’alcoolisme chronique ou les traumatismes répétés de la main.
Une cicatrice de la face palmaire de la main (après une plaie ou une intervention chirurgicale) peut déclencher ou aggraver les symptômes.
Même si vous savez qu’un membre de votre famille proche est atteint, en dehors de l’évitement des facteurs déclenchants cités ci-dessus, il n’existe pas de traitement préventif de la maladie.
Quels sont les symptômes ?
La maladie de Dupuytren commence en général par une simple induration dans la paume de la main en regard du 4e ou 5e doigt. La peau peut s’invaginer et former un creux en regard de l’induration.
La vitesse d’évolution n’est pas prévisible. Elle est différente chez tous les patients. Chez certains, la maladie ne dépassera pas le stade de nodule (induration).
L’aggravation sera marquée par l’apparition d’une « corde », qui plie petit à petit le doigt vers la paume. Le « Dupuytren » affecte particulièrement la paume et la base des doigts. Selon le degré de gravité, il est alors impossible de remettre le doigt atteint en extension. On parle de flexion (ou flessum) irréductible.

Comment traiter la maladie de Dupuytren ?
Le traitement est dicté par le handicap fonctionnel que le ou les doigts atteints engendre dans la vie quotidienne. On dit communément que le traitement est justifié lorsque vous n’arrivez plus à mettre la main à plat sur une table.
Le but du traitement n’est pas forcément de retirer toute la maladie, mais d’obtenir une main fonctionnelle.
Le type de traitement et le moment auquel le réaliser seront discutés au cas par cas avec votre chirurgien.
Aponévrectomie : c’est le traitement de référence. Il s’agit d’une intervention chirurgicale réalisée au bloc opératoire sous anesthésie loco-régionale. Elle consiste à ouvrir la peau en regard de la corde, à identifier les structures nobles au contact de la maladie et à réséquer celle-ci pour redonner l’extension au doigt. En fonction de la gravité initiale, la plaie peut être laissée ouverte en cicatrisation dirigée ou une greffe de peau complémentaire peut être envisagée.
Évolution habituelle
La plaie saigne toujours secondairement imbibant le pansement. Il faut donc le renforcer avec compresses et bandages.
Dans les formes légères, une rééducation est débutée d’emblée. Dans les formes sévères, elle débutera après le port d’une attelle pendant 2 à 3 semaines.
Suivi post-opératoire
Vous serez revu(e) en consultation de contrôle à l’UMPP dans le mois qui suit l’intervention.
Risques et complications
Le risque principal et quasi-inévitable de la maladie est la récidive. Malheureusement vous pourrez entendre votre chirurgien dire : « La question n’est pas de savoir si la maladie va revenir mais quand elle va revenir. ». La récidive est rarement aussi grave que la maladie initiale. Son traitement est souvent plus difficile et risqué que la première fois.
Plus rarement, le traitement expose à des lésions des nerfs, des artères ou des tendons.
Sur des terrains particuliers (diabète, fumeur…), le traitement expose à la nécrose du ou d’une partie du doigt pouvant mener jusqu’à l’amputation de celui-ci.
Pansement, attelle et immobilisation
Le port d’un pansement ou d’une immobilisation (attelle, plâtre, résine) contre-indique la pratique du sport et la conduite automobile. Ils ne doivent pas être mouillés, y compris pendant la toilette. Une attelle doit être portée de manière stricte, en permanence, jour et nuit. Elle ne peut être retirée qu’en présence de personnel soignant ou après autorisation de votre chirurgien. Vous devez bouger précocement, après l’opération, toutes les parties de la main et du membre supérieur qui ne sont pas immobilisées.
Risques de toute intervention
Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques (liés à l’anesthésie, infectieux, hémorragiques, lésions nerveuses) y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle et peuvent parfois ne pas être guérissables. Au cours d’une intervention, le chirurgien peut se trouver face à une découverte ou à un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.
