Kyste mucoïde

Qu’est-ce qu’un kyste mucoïde ?

C’est une tuméfaction/gonflement qui apparaît le plus souvent au niveau du dos de la dernière phalange. Elle est le plus souvent translucide et toujours bénigne.

Le kyste mucoïde est le symptôme d’une articulation arthrosique ou en devenir. Des ostéophytes (fragments d’os dus à l’arthrose) sont souvent à l’origine d’une irritation de l’articulation et de la formation du kyste.

Kyste mucoïde du pouce et arthrose inter-phalangienne

Photographie d’un doigt, tuméfaction du dos de la dernière articulation avec déformation de l’ongle
Radiographie de doigts de face, pincement et becs osseux des articulations interphalangiennes distales

Qui peut avoir des kystes mucoïdes ?

Les femmes à partir de 50 ans sont les plus atteintes.

Comment diagnostiquer un kyste mucoïde ?

Le kyste mucoïde est le plus souvent indolore. Les kystes mucoïdes compriment souvent la base de l’ongle, déformant ainsi l’ongle (une rainure apparaît sur l’ongle).

Il n’est pas rare de voir les kystes mucoïdes se percer spontanément et couler. Il faut alors se méfier d’une surinfection

La radiographie permet de faire le point sur le degré de l’arthrose sous-jacente.

Comment traiter un kyste mucoïde ?

Les kystes peuvent régresser spontanément.

S’ils ne régressent pas :

  • Les infiltrations de cortisone : il s’agit d’une injection de cortisone dans l’articulation. Elles peuvent permettre de faire régresser le kyste durablement.  Elles sont réalisables chez la plupart des patients. Les patients diabétiques devront surveiller leur glycémie dans les heures suivant l’injection car la cortisone peut provoquer une augmentation de celle-ci. Elles n’ont pas les effets indésirables de la cortisone prise en comprimés au long cours.
  • La chirurgie : elle doit être proposée en cas d’échec des autres traitements.
  • Patient indolore/arthrose peu évoluée : Ablation du kyste avec parfois nécessité de réaliser un lambeau de couverture ou une greffe de peau lorsqu’il existe une perte de substance trop importante après résection du kyste.
Photographie d’un doigt opéré, points de suture près de l’ongle et zone cutanée à vif
  • Patient douloureux/arthrose évoluée : L’arthrodèse est le traitement de référence : résection du cartilage malade. Elle n’a que peu de conséquences fonctionnelles et permet de soulager les douleurs durablement.
Radiographie d’un doigt de profil, vis traversant la dernière articulation jusqu’à la phalange distale

Évolution habituelle

La cicatrisation est obtenue en moyenne 3 semaines après l’intervention en fonction des lésions initiales

Une mobilisation du doigt immédiate est nécessaire afin d’éviter une raideur de celui-ci

Il faut savoir que le doigt n’aura plus jamais le même aspect que celui qu’il avait avant. En effet, il existe souvent une légère déformation de l’ongle qui perdurera

Suivi post-opératoire

Vous serez revu(e) en consultation de contrôle à l’UMPP dans le mois qui suit l’intervention. La reprise du travail peut s’effectuer au bout de 3 semaines mais dépendra de votre profession

Risques et complications

Les complications précoces principales liées à l’intervention sont :

  • une infection nécessitant une antibiothérapie et parfois une reprise chirurgicale pour un lavage du site opératoire
  • une nécrose du lambeau de couverture mettant l’articulation à nu nécessitant une reprise chirurgicale

Les complications tardives principales liées à l’intervention sont :

  • la raideur du doigt nécessitant la réalisation de kinésithérapie
  • la récidive du kyste nécessitant le plus souvent, après discussion avec votre chirurgien, la réalisation d’un traitement définitif bloquant l’articulation (arthrodèse)

Pansement, attelle et immobilisation

Le port d’un pansement ou d’une immobilisation (attelle, plâtre, résine) contre-indique la pratique du sport et la conduite automobile. Ils ne doivent pas être mouillés, y compris pendant la toilette. Une attelle doit être portée de manière stricte, en permanence, jour et nuit. Elle ne peut être retirée qu’en présence de personnel soignant ou après autorisation de votre chirurgien. Vous devez bouger précocement, après l’opération, toutes les parties de la main et du membre supérieur qui ne sont pas immobilisées.

Risques de toute intervention

Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques (liés à l’anesthésie, infectieux, hémorragiques, lésions nerveuses) y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle et peuvent parfois ne pas être guérissables. Au cours d’une intervention, le chirurgien peut se trouver face à une découverte ou à un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.